Le texte de Sophie Gourion est ici :

http://www.slate.fr/story/62121/marketing-vagin-beaute

 

C'est un mouvement irréversible. Toutes les femmes, au creux de leur intimité, vont vouloir ressembler à terme à La Source de Ingres et non pas à L'Origine du Monde de Courbet, c'est aussi simple que cela !
La Source c'est la perfection, l'innocence, le modèle fantasmé de la nudité antique. L'Origine du Monde c'est l'animalité, la provocation, la modernité aussi dans ce qu'elle a de plus brutal.
La perfection intime nous y voilà ! La zone génitale de la femme est considérée comme un trésor que l'on cache bien sûr, mais qui est fait aussi pour être montré, à certains élus, comme tous les trésors.
Dans l'exhibition des femmes nues dans un tel appareil, parce qu'il s'agit bien d'un appareil produit par tout un travail, il y a une dialectique entre la fente et les yeux. La perfection graphique de la fente n'est pas parasitée par l'imperfection des pilosités, et elle s'oppose à la force révolvérisante des yeux. À ce propos, si les yeux sont maquillés depuis la nuit des temps, nous nous en rapprochons avec la teinture, et autres artifices, pour ce qui est de la zone pubienne.
Mona Chollet fait allusion aux incroyables pressions qui s'exercent sur le corps des femmes. Certes, mais les hommes doivent subir également ce même genre de pression, en particulier au niveau de l'apparence de leur verge comme il est indiqué dans le billet précédent.
Au XIXéme siècle, l'emplilement des jupons était bien la métonymie des petites lèvres qui devaient bien entendu rester mille fois invisibles. Rien de nouveau sous le soleil ; aujourd'hui la partie de Colin Maillard continue puisque la labioplastie permet de remettre les petites lèvres à leur place assignée, c'est à dire cachée.
Dans cet ordre d'idée, pour ce qui est de la suite, et de ce jeu du caché-montré dans ses outrances les plus poussées, je verrai bien les sous-vêtements et maillots de bain transparents. Ce phénomène de société, comme on dit, risque encore de faire couler beaucoup d'encre...

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