Le texte de Philippe Cohen est ici :
http://www.marianne.net/Comment-Amazon-menace-l-edition-francaise_a223269.html?com#comments

En bref, je présente les raisons pour lesquelles :
a/ je garde le moins possible de livres sous mon toit.
b/ je n'utilise pas les liseuses (tout en ayant massivement recours aux nouvelles technologies).


1/ Quand on est un lecteur sérieux, on est obligé de prendre des notes. Bien sûr avec une liseuse, on peut surligner. Mais moi je préfère faire des fiches de lecture sous forme de compilations de citations. Le copier-coller ne marche pas sur les liseuses ! En plus, à ce jour, en France, on ne peut pas revendre un fichier pour liseuse que l'on a pourtant acheté.
2/ Je passe donc par Amazon pour acheter des versions papier : et je m'oblige à la corvée de recopier à la main, ou en reconnaissance vocale pour les longues notes, les passages qui m'intéressent. Alors qu'acheter une version papier devrait donner droit à une version pdf gratuite !
3/ Et je revends en occasion. Sachant qu'il y a plusieurs inconvénients sur Amazon :
Comme le port est gratuit pour les livres neufs, il faut déjà baisser de 3 euros son prix.
Moins deux euros pour être compétitif. Moins le supplément de port souvent. Et moins la commission Amazon. Pour un livre à 20 euros, je le mets en vente à 15, j'ai 1 euro de port en plus et 3 euros de commission Amazon, soit 11 euros net.
Revendre les poches dans cette configuration n'a aucun intérêt.
Je me contente pourtant de ce système. Une grande librairie du Quartier Latin, réputée pour ses achats de livres d'occasions, n'offre guère mieux au final.

Je suis allergique au concept de bibliothèque, massive, patrimoniale, ultralocale :
Un contributeur de Marianne affirme :
J'ai hérité de la bibliothèque de mon grand-père, de celle de mon père....
Jusqu'où peut-on aller ? Qui dit que vos enfants, ou vos ayant droit continueront cette tradition d'accumulation ?
Pour moi, à rebours de votre position, un livre est d'abord un objet encombrant.
Encombrant, car tous les murs de ma maison, aussi grande soit-elle, ne pourraient contenir tous les livres que j'ai lus depuis l'adolescence. Étudiant impécunieux, j'ai pris l'habitude de prendre des notes.
Encombrant aussi dans les déménagements ; ou alors les livres sont condamnés à longueur d'années à être enfermés, inaccessibles dans des caisses.
Encombrant aussi pour la vie intérieure. Qu'on le veuille ou non, vivre dans une bibliothèque écrase celui qui s'y trouve et l'empêche de s'envoler vers le présent ; et je ne parle même pas du futur.
Encombrant enfin pour ses héritiers. Je ne veux pas imposer à mes enfants la trop lourde responsabilité de devoir transporter, trier, jeter tous les livres accumulés au cours de ma vie. Je les dispense ainsi d'une telle corvée, et de la culpabilité qui y sera forcément associée.
Tellement encombrant par rapport à l'usage que l'on peut faire de ces livres, après les avoir lus, ou de ces notes, après les avoir relues. Combien de livres lit-on deux fois ? Un nombre infime, assurément ; infime parce ce que, si tel n'était pas le cas, comment pourrait-on trouver le temps de lire, durant toute une vie, quelques milliers de livres ? Appliquer un coefficient multiplicateur à son stock personnel, relève de l'impossibilité purement logique, même pas biologique.
Il y a bien sûr des livres que l'on garde à portée de main, car ce sont des usuels, comme on dit dans le jargon des bibliothécaires, ou des livres dont on se sert pour donner des cours, ou publier, mais leur nombre est très faible par rapport à la totalité des livres lus.
Je préfère avoir toutes mes notes de lecture sous forme digitale sur des disques durs locaux et distants et sans passer par le nuage évidemment. Et éventuellement avoir accès à tous les ouvrages tombés dans le domaine public.
Je considère comme une bénédiction cette possibilité de digitalisation des productions écrites ; et non écrites, mais c'est une autre histoire. Nous sortons peu à peu de l'ère Gutemberg et entrons dans une autre. Cela me va tout à fait !
Tout ceci pour dire que la case libraire n'a que très peu fait partie de mon parcours de grand lecteur.
En ce sens, je suis assez d'accord avec ce qui est dit dans les commentaires sur les libraires. Je suis donc toujours passé en priorité par les bibliothèques, grandes et petites et, depuis quelque temps, par le système d'achat et revente sur Internet.

Répondre à cet article