Quand les citoyens, et non pas seulement certains professionnels, seront obligés de converser avec les citoyens de l'Europe entière, dans leur vie quotidienne, leurs relations familiales, la solution de l'anglais, pour des raisons historiques récentes, semblerait logique. Mais l'anglais n'est pas une langue dans laquelle les peuples pourraient  en quelque sorte fraterniser, c'est à dire au moins avoir des rapports chaleureux. Moi qui ne parle pas italien, ni portugais, ni roumain, je trouve toujours un peu déplacé, sinon ridicule, de m'adresser à eux en anglais. J'ai l'impression de rater quelque chose. Avec le latin, et avec l'esperanto dans une moindre mesure, chacun de ces types de locuteurs se retrouverait en territoire familier, parce que le latin est une langue à demi-étrangère seulement, puisque c'est une langue qui a précédé toutes les langues romanes actuelles.
Cette notion de familiarité est importante pour le rapprochement entre les peuples comme on disait on temps de l'Internationale (autre tentative de fédération des peuples...). Ainsi, dans la campagne profonde du Québec, chez un dépanneur (petit magasin d'alimentation, et de bricolage) par exemple, s'il est difficile pour un Français de France de bien comprendre ce qui s'y dit, y-a-t-il, malgré les difficultés de compréhension, une bienveillance spontanée, un effet de cousinage.
A contrario, je n'éprouve pas de gène particulière quand je parle anglais avec un allemand, mais le contact reste purement formel.
Il faudrait donc, à mon sens, découper l'Europe politique actuelle en trois aires linguistiques.
En effet, j'envisagerais le latin (et peut être à la place le français en raison du poids économique et culturel de la France) pour l'Europe du Sud (de la Belgique wallonne au Portugal, sans oublier la Roumanie, la Grèce pouvant s'y rattacher), l'allemand pour l'Europe centrale et du Sud-Est, et l'anglais pour l'Europe du Nord et du Nord-Ouest (de Jersey à la Suède). Resteraient problématiques les cas de la Finlande, de l'Irlande, du Pays Basque, de l'Estonie et de la Hongrie.

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