Pour ceux qui ont écouté in extenso Contre histoire de la Philosophie :  Les consciences réfractaires, de Michel Onfray publiée sur France Culture cet été 2012.
Les plans (détaillés) de ses interventions sont toujours téléchargeables à cette adresse :
http://www.franceculture.fr/emission-contre-histoire-de-la-philosophie-saison-10

J'ai appris bien sûr beaucoup de choses, à travers ces cours passionnants, sur Nizan, Camus, Sartre et Beauvoir, mais quelques détails ont retenu toutefois mon attention.

1/ Ainsi Michel Onfray va-t-il trop loin, s'emporte-t-il même quand il assimile les émigrants vers l'Algérie au XIXème siècle et les immigrés d'aujourd'hui en provenance d'Algérie.
Selon lui, dans la métropole d'alors, ils ne trouvaient "pas à manger, pas de travail". Ils étaient "déportés". "Ils fuyaient la faim, la misère, les risques de mort". En France, "ils ne trouvaient ni dignité, ni travail, ni honneur". C'est trop !

2/ À propos de la République qui a donné une bourse à Camus, son père étant mort pour la France durant la Grande Guerre :  "On doit quelque chose à la République, quand elle nous a soutenu". Non et non ! Camus ne devait rien à la République ; c'est même tout le contraire. La République lui avait pris son père. Elle lui devait bien plus que ça. Elle lui devait infiniment plus que cela.

3/ Pour Michel Onfray, la  Commune de Paris est présentée comme innovante. Je trouve qu'il dérive vers une idéalisation de cette période. La Commune de Paris n'a duré que 72 jours. Heureusement pour elle, car elle n'a pas eu le temps d'être trahie et de tomber inévitablement dans la dictature, comme les expériences postérieures, de la révolution bolchevique à la révolution polpotienne, l'ont montré. Un Staline n'a pas eu le temps d'apparaître, ce qui n'aurait pas manqué si la commune avait duré plus longtemps. Michel Onfray, même s'il s'en défend, (ailleurs, mais je reste bref) postule à son corps défendant, qu'il y a une nature humaine et qu'elle est bonne.

4/ Dernier point, un peu en marge de ce cycle de conférences, le fait que le philosophe ait réitéré sa position de "citoyen du monde". Je trouve qu'il y a contraction entre cette prise de position (idéaliste comme souvent) et le fait d'avoir soutenu Montebourg. Cette contradiction n'est certes pas illégitime mais il faudrait l'expliquer.

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