Dans le contact de proximité, les utilisateurs de Mac, involontairement sans doute, se retrouvent, surtout à la campagne, dans ce qu’il faut bien appeler un ghetto.

 Ces utilisateurs sont  considérés :

1/ pour les utilisateurs standards de PC, comme des gogos, à cause du prix et du snobisme attaché à la marque Apple.

2/ pour le grand public souvent ignorant de l’existence de différentes plate-formes, comme des nantis. Combien d’étudiants m’ont dit : « Monsieur on n’a pas les moyens d’acheter des Macs ». Cette image de cherté est entretenue par la répartition des Macs que l’on voit dans les publicités, chez les artistes et autres célébrités : c’est le fameux placement de produit.

Je prends au hasard un film: « Le diable s’habille en Prada », une émission de télévision, celle de Laurent Delahousse « Un jour, un destin ».

3/ et pour d’autres comme des incompétents, c’est à dire des amateurs incapables de se plonger dans la mécanique, donc comme des inconscients.

 Par ailleurs, lorsqu’un informaticien Mac parle à un utilisateur de l’informatique non informaticien (madame Michu ?), il se crée immédiatement une certaine gêne, liée par essence à l’évocation d’un monde qui n’est pas familier au plus grand nombre. « De quoi peut bien parler ce type qui n’a pas le même ordinateur que mon voisin ? » Sous entendu : « Lui, naturellement s’y connaît en informatique ».

 Vous connaissez aussi la légende selon laquelle les Rolls auraient toutes un capot plombé. Le Mac a aussi cette réputation, puisque l’utilisateur, par définition, et par privilège de classe, pourrait-on dire, n’a nullement besoin de mettre ses mains dans le cambouis. Eh bien, paradoxalement, à cause de l’isolement, et malgré toute la convivialité de la communauté Mac, l’utilisateur de cette plate-forme, qui tient à être un tant soi peu autonome et indépendant des fournisseurs de services aussi rares que chers et lointains géographiquement, doit lui aussi se résoudre à certaines manoeuvres acrobatiques alors qu’il aurait dû logiquement en être dispensé. C’est ainsi qu’il se retrouve à débrider (jailbreaking) le système de son iPhone ou écrire des lignes de commandes absconses dans le Terminal de Mac OS X. En effet, si le PC sous Windows est une usine (c’est sale : il y a des virus ; c’est encombré : il arrive qu’on s’y déplace avec difficulté), Mac OS est un temple égyptien (c’est beau, mais les inscriptions qu’on y voit, surtout celles situées « au cœur de l’édifice » sont incompréhensibles au néophyte).

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